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LA LEGENDE DES MOTS

La Légende des Mots.jpgSavez-vous que l'origine de certaines expressions que nous utilisons dans la vie courante remonte à la Bible, aux Evangiles ou à la tradition chrétienne ? En voici quelques exemples... 

 

 

Faire pénitence

Cette expression consiste, dans l’Église catholique, à reconnaître ses fautes au cours de la confession, et à accepter la punition choisie par le pécheur ou à effectuer celle prononcée par le prêtre, dans une optique d’expiation des péchés. C’est reconnaître ses torts tout en acceptant les conséquences possibles.

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La croix des Frêtes dans le massif des Aravis en Savoie.

 Qui sème le vent récolte la tempête

Cette affirmation, dont même le premier degré semble se vérifier de nos jours avec les changements climatiques et la pollution, a évidemment un sens spirituel : l’homme récolte dans sa vie les conséquences de ses inconséquences. Cette expression rappelle les paroles de l’apôtre Paul : «Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi» (Galates 6,7). De nos jours, cela signifie que l’on subit les conséquences de ses propres actes.

 Tirer les rois

Expression employée lorsque nous partageons la galette des Rois lors de l’épiphanie. L’Épiphanie commémore le moment où l’enfant Jésus est «reconnu» par les Mages qui, alertés par l’apparition d’une étoile, sont venus d’Orient pour l’adorer. «Jésus étant né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer» (Matthieu 2,1). Dans le récit de la venue des Mages, il n’est pas précisé dans le texte qu’ils étaient rois (la tradition populaire s’en chargera, et l’on parlera des «Rois-Mages»). On tire les rois lorsqu’un enfant (le plus souvent) attribue sans regarder les parts du gâteau, afin que personne ne sache qui aura la fève cachée dedans et dont la découverte désignera celui qui est le roi. Cette tradition, qui est devenue aujourd’hui, exclusivement festive, puise ses racines dans l’histoire chrétienne.

Faire des miracles

 Jésus fit de nombreux miracles, ses disciples furent des vecteurs de cette forme de grâce divine. Toutefois, le miracle, le sensationnel n’est pas l’élément primordial de la foi. Jésus refusera plusieurs fois d’en faire car ils sont indissociables de la foi. «Jésus dit : Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point» (Jean 4,48). Ce qui compte, c’est de savoir se nourrir de son message. De nos jours, on utilise cette expression dans le sens de faire des choses impossibles. On dit aussi : «Il s’en est sorti par miracle».

 L’homme propose et Dieu dispose

 Ce dicton populaire n’est pas issu directement de la Bible, mais tire sa sagesse de l’esprit des Écritures. L’origine est très ancienne puisqu’elle remonte au XVe siècle. Elle se base sur la providence divine exercée sur le monde par Dieu. L’homme n’est pas assuré du résultat de ses actes qui peuvent être modifiés par des causes imprévues. Au sens figuré, «l’homme propose et Dieu dispose» serait utilisé quand des contextes imprévus viennent faire échouer un acte. Quoi qu’il en soit, les calculs humains, quelle que soit leur justesse, sont insuffisants et c’est la Providence qui marquera sa suprématie. L’homme formule des projets mais Dieu reste maître de toutes choses.

 Gagner sa place au Paradis

 Cette expression, si elle est de tradition chrétienne, n’est pas biblique. La logique évangélique est toute autre : le croyant accomplit du bien autour de lui. Le bénéfice de ce qu’il fait, profite à ceux qui l’entourent (son «prochain»), puis en revient à Dieu qui lui a donné cette bonne nature. On utilise de nos jours cette expression dans le sens que faire des actions méritoires est souvent associé à un manque de reconnaissance. On dit aussi «c’est le paradis» dans le sens «c’est le pied !», et cela fait allusion à la situation où se trouvaient Adam et Eve avant qu’ils ne succombent à la tentation : il n’existait alors ni souffrance, ni mort.

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 Notre-Dame de Haute Lumière, au col des Saisies en Savoie.

Ravitaillé par les corbeaux

Cette expression bien connue et encore souvent employée de nos jours, dans un sens quelque peu péjoratif, nous vient directement de l’Ancien Testament de la Bible. Il faut remonter à l’histoire du prophète Elie, mille ans avant notre ère. Dieu lui demande d’annoncer de sa part une sécheresse sur le pays d’Israël. Puis, afin de ne pas être touché par cette sécheresse, il lui demande de quitter le pays pour un désert où il y a seulement un torrent. Il y sera ravitaillé par les corbeaux qui lui apportaient du pain et de la viande le matin et le soir, et il buvait de l’eau du torrent. De nos jours cette expression est employée pour désigner un lieu en retrait de tout et où on doit attendre que quelqu’un vienne à nous pour nous ravitailler.

 Crèche

Le terme « crèche » signifie originellement « mangeoire », mais la langue française s’en empare pour désigner le lieu dans lequel le Christ est couché lors de sa naissance à Bethléem. Le terme devient ensuite l’appellation générique des représentations de la Nativité, souvent en modèles réduits, puis vers le XIXe siècle, il désigne un asile pour les nouveau-nés, puis un établissement recevant, en journée, des enfants de moins de trois ans. Le verbe familier « crécher » procède de la même origine exprimant un lieu d’habitation modeste.

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Crèche de Noël église Saint-Piat - décembre 2016

 Être une plaie

Ceci fait bien entendu référence à l’histoire de Pharaon dans la Bible qui ne veut pas laisser partir le peuple hébreu qui est une main d’œuvre bon marché. Pour le convaincre, Dieu, par l’intermédiaire de Moïse, lui envoie des plaies d’une douleur croissante ; la dernière étant la mort subite de tous les premiers-nés des hommes et des animaux. Face à la douleur de la mort de son aîné, Pharaon cède pour ensuite se reprendre et poursuivre le peuple hébreu jusqu’à la mer Rouge où ses troupes périront. Cette expression qualifie de nos jours les personnes dont la fréquentation est particulièrement pénible…

Du pain béni

Le seul pain que Jésus bénit est celui qui va être miraculeusement multiplié : «Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuent à la foule» (Luc 9,16). Cette expression familière désigne au sens propre le pain béni au cours d’une messe et dont on distribue les morceaux aux fidèles. Au sens figuré, l’expression «c’est du pain béni» s’emploie pour parler de quelque chose perçu comme une aubaine, comme quelque chose qui arrive au bon moment... du tout cuit !

 En l’an de grâce

Cette expression, née après le XIVe siècle, exprime que nous sommes dans l’ère chrétienne. Pendant longtemps, on a cru que l’expression signifiait «année de survie» à l’Apocalypse qui aurait dû se produire en l’an 1000... C’est tout simplement une référence à la naissance de Jésus. Nous vivons dans l’ère chrétienne, cette ère s’appelle la Grâce. La publication de cette grâce s’appelle l’évangile qui veut dire : «bonne nouvelle», le message du Christ crucifié à33 ans dans les premières années de notre ère, qui porte son nom et qui commence à l’année de sa naissance.

 Querelles de clocher

Dans la plupart des représentations de la campagne française, on ne peut échapper à l’image du petit village aux maisons regroupées autour du clocher de l’église, emblème de tout village digne de ce nom. Et comme, pendant longtemps, l’église a été l’un des points centraux de la vie d’un village, c’est ce monument symbole qui, depuis le milieu du XIXe siècle, sert à qualifier les querelles ou des rivalités à portée uniquement locale, souvent d’ailleurs sans grand intérêt – ou parfois elles le sont réellement parce qu’on veut le faire croire. Des querelles de clocher qui heureusement n’existent plus dans notre bonne ville de Roncq !

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Église de Walincourt dans le Nord

Pierre, Paul et Jacques

Jésus avait l’habitude de partager les moments importants avec ses disciples. «Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l’écart sur une haute montagne» (Marc 9,2). On a pris l’habitude, dans le monde chrétien, de nommer ainsi, une bande d’amis fidèles, ou une cohorte de suiveurs systématiques. La présence des amis de Jésus, lors de bien des moments, fut l’un des moyens de transmettre le message du Christ aux générations futures et de servir de témoins qui attestèrent de la véracité des propos et des actes rapportés dans les récits bibliques.

 Pris la main dans le plat

Cette expression évoque le dernier repas du Christ pendant lequel Jésus dévoile Judas comme le traître qui le vendra au clergé désireux de le faire mourir. Jésus répondit : « Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c’est celui qui m e livrera» (Matthieu 26,23). De nos jours, cette expression est toujours utilisée et signifie « être pris en flagrant délit ».

 Toucher du bois

La signification de cette expression est explicite : il ne s’agit là que d’un geste superstitieux, souvent accompagné de la parole « je touche du bois ! », tout aussi efficace que de « croiser les doigts ». Apparemment, cette superstition remonte à très loin, puisque les Perses et les Égyptiens la pratiquaient déjà. Au Moyen Âge, les chrétiens disaient que l’habitude de toucher du bois venait de ce que le Christ avait été sacrifié sur une croix en bois : toucher du bois était donc une forme de supplication ou de prière qui permettait de se protéger de l’adversité.

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Cimetière militaire de la guerre 1914-1918 à Le Sourd dans l’Aisne.

 « Un jubilé »

Dans l’Église catholique, un jubilé est, depuis l’année 1300 (où le pape Boniface VIII proclama une indulgence plénière pour ceux qui viendraient en pèlerinage à Rome), une période de pardon, de conversion et d’efforts spirituels ayant lieu, d’abord tous les cinquante ans, puis tous les vingt-cinq ans à partir de 1400. On appelle aussi ces jubilés des « années saintes» . Au XXe siècle, dans un esprit similaire, les papes ont décrété des années saintes extraordinaires, commémorant la rédemption par la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Le dernier jubilé a été célébré en l’an 2000 par le pape Jean-Paul II. Le mot « jubilé » est aussi employé pour célébrer l’anniversaire d’ordination des diacres, prêtres et évêques.

Lever les bras au ciel

Choqués par de profondes injustices, nous avons tous regardé vers Dieu en nous demandant comment il pouvait laisser faire de telles choses. Parfois, ce ne sont pas les bras que nous levons, mais le poing. Pourtant, les humains se sont approprié le monde depuis longtemps et sont responsables de bien des maux. Il y a aussi d’autres motivations pour lever les bras au ciel, s’en remettre à Dieu et compter sur lui quand on a fait tout ce qui était en notre mesure. De nos jours, cette expression signifie que l’on s’insurge contre quelque chose dont on ne trouve pas la solution par soi-même.

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Croix de fer au col des Aravis en Savoie

Les premiers seront les derniers

Bien des héros de la Bible sont des gens insignifiants (à nos yeux). Une pauvre veuve donnera plus à Dieu avec ses deux petites pièces que des personnes riches. Ceux qui cherchent les premières places par tous les moyens et au détriment des autres, ceux qui choisissent pour mode de vie leur mise en valeur, ne seront pas les premiers dans le royaume des cieux. «Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé» (Matthieu 23,12). Actuellement, cette expression est souvent utilisée pour préciser que les vainqueurs ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Mieux vaut avoir affaire à Dieu qu’à ses saints

Cette phrase semble faire allusion aux invocations adressées aux saints dont on emploie l’intercession auprès de Dieu. Elle signifie qu’on a toujours intérêt, dans une démarche, à s’adresser directement au chef ou au patron. Ce dernier, en toute humilité, est ici assimilé à Dieu, ses collaborateurs devenant des saints chargés de l’assister. La demande, reçue par le décideur, aura ainsi moins de chance de se perdre dans les arcanes des procédures. Le conseil est avisé. En effet, il n’est pas toujours aisé de le mettre en pratique de nos jours où nos patrons sont invisibles et leurs collaborateurs eux-mêmes difficiles à approcher. Ils sont remplacés par des voix anonymes ou des interlocuteurs virtuels qui vous invitent à taper sur les chiffres 1 ou 2 suivant la requête... L’expression exprime, à la fois, le bon sens et la vérité.

C’est la tour de Babel

Dans l’Ancien Testament (Genèse), on conte l’histoire de cette tour de Babel. Les hommes de Babylone ne parlaient auparavant qu’une seule langue et ne formaient qu’un seul peuple. Un jour leur vint l’idée de construire une tour qui atteindrait les cieux. On nomma cette tour «la tour de Babel», «babel» signifiant «porte du ciel». Mais Dieu les trouvant trop orgueilleux les punit en leur faisant parler des langues différentes, si bien que les hommes ne se comprenaient plus. Ils furent contraints d’abandonner leur entreprise et se dispersèrent sur la Terre, formant ainsi des peuples étrangers les uns des autres. Actuellement, cette expression est utilisée pour parler d’un lieu où règnent le brouhaha et la confusion.Image2.jpg

Phare en Bretagne. Une autre tour de Babel ?

La manne

N’avez-vous jamais entendu parler, dans les médias, de la «manne financière », de la «manne budgétaire européenne» ? Dans chacune de ces expressions, le mot «manne» renvoie à une quantité importante d’argent arrivant de façon inattendue ou sans effort. Cette manne est aussi quelquefois qualifiée de «providentielle». Cette expression trouve en fait son origine dans un passage de la Bible qui conte la traversée du désert par les Hébreux avec Moïse. Dieu leur enverra de la nourriture tombée du ciel. Les Israélite dirent : «Qu’est-ce que c’est ?» («MaN Hou», littéralement en hébreux) et ils finissent par appeler cette nourriture «MaN». De nos jours, manne signifie quelque chose qui est reçu en abondance, parfois de façon inattendue et providentielle.

 La pomme d’Adam

Dans la Bible, le récit de la Genèse explique quel fut le premier péché des hommes : la désobéissance ! Littéralement, c’est un fruit qui est à l’origine du drame. La tradition populaire en a fait une pomme. Pomme qui se serait coincée dans le gosier d’Adam et qui aurait ainsi formé la saillie du cartilage thyroïde propre à l’homme. Depuis, cette expression est restée pour décrire cette partie de l’anatomie de l’homme.

Se jeter dans la fosse aux lions

 Jadis, durant les jeux du cirque, les Romains enfermaient les condamnés, notamment les chrétiens qui refusaient d’adorer les dieux romains, dans une arène (une fosse) avec des lions. Les spectateurs les regardaient alors se battre vainement contre les animaux et mourir déchiquetés. «Se jeter dans la fosse aux lions» signifie de nos jours affronter un danger ou quelque chose de particulièrement désagréable. Il peut aussi s’agir de se confronter à un public sans pitié dans son jugement ou dans ses attitudes.

 Être comme saint Thomas

 «Moi, je suis comme saint Thomas, je ne crois que ce que je vois». Cette expression trouve son origine dans l’évangile de saint Jean. Thomas, disciple de Jésus, ne voulut pas croire à la résurrection du Christ. «Si je ne vois pas... je ne croirai pas.» Pour constater par lui-même la véracité des faits, il demanda de mettre le doigt dans les stigmates et dans la plaie sur le côté du thorax de Jésus. Aujourd’hui, lorsque quelqu’un doute de quelque chose ou d’un fait, on dit de lui qu’il est comme saint Thomas.

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Vitrail du Christ ressuscité,église de Thônes en Haute-Savoie.

 Une de perdue, dix de retrouvées

 Cette expression, qui veut dire qu’il ne faut pas se soucier de ce qu’on perd, puisque le temps nous en donnera dix fois plus, prend le contre-pied de la parabole biblique de l’évangile selon saint Luc : «Quelle femme, si elle a dix drachmes, et qu’elle en perde une, n’allume une lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?» (Luc 15:8). Traduction : La ménagère qui a perdu une de ses pièces n’a de cesse de chercher celle qui lui manque, car, sans elle, son «trésor » n’est pas complet. Actuellement, cette expression, qui est toujours utilisée, signifie que les choses paraissant importantes, voire indispensables, peuvent être plusieurs fois remplacées.

Prêcher pour sa paroisse

C’est une expression française qui date du milieu du XIXe siècle et on l’emploie rarement dans le sens qui lui est donné. En fait, on utilise celle-ci pour orienter une discussion dans son seul intérêt et dans le but  d’obtenir quelque chose de son interlocuteur.

 Se faire blackbouler

Le verbe « blackbouler » est étrange car composé du mot anglais « black » (noir) et de « bouler », verbe français qu’on retrouve dans un sens argotique dans l’expression « envoyer bouler », qui signifie rejeter. Dans les communautés monastiques, pour élire un moine candidat à un poste ou tout simplement pour être accepté dans le monastère, le vote est caractérisé par l’emploi de « boules » blanches ou noires déposées dans une urne. Le vote est défavorable au moine candidat lorsque le nombre de boules noires est supérieur à celui des boules blanches. D’où l’expression « se faire blackbouler » qui signifie de nos jours « être refusé à un examen ou un poste… »

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Abbaye de Vaucelles

Pas très catholique

Cette expression qui date du XVIIIe siècle fait référence aux valeurs morales véhiculées par l’Église catholique, comme l’honnêteté par exemple. À l’origine on disait « pas très orthodoxe » en rapport avec la conformité à un dogme religieux. On emploie aujourd’hui cette expression pour désigner quelque chose de douteux, peu conforme à la morale et sujet à caution. On peut également préciser qu’« être plus catholique que le pape » signifie d’apporter trop d’empressement ou d’honnêteté dans une démarche que le pape ne ferait pas lui-même.

Dire amen à tout

Le sens du mot « amen » est traduit par « ainsi soit-il ». Il permet aux croyants de s’unir à la prière en approuvant ce qui a été exprimé par le prêtre et ainsi de manifester son accord avec Dieu. Cette expression est souvent utilisée pour approuver sans discuter.

 Crier sur tous les toits

Autrefois en Orient, les toits des maisons étaient en fait de grandes terrasses. On avait pour habitude d’y monter afin de discuter plus facilement avec ses voisins. C’est de cette coutume que provient l’expression « crier sur tous les toits ». Même si elle semble dater du XVIe siècle, cette expression se retrouve sous une autre forme dans l’Évangile de saint Matthieu : « Ce que je vous dis dans les ténèbres dites-le en plein jour ; et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits. » De nos jours, on utilise cette expression pour divulguer une information qui, à l’origine, devait rester secrète…

 Ne plus savoir à quel saint se vouer

La tradition a souvent attribué aux saints des pouvoirs qu’ils n’ont pas : retrouver des objets perdus, protéger les conducteurs ou prendre soin de telle ou telle corporation en particulier. à tel point que, lorsqu’on est vraiment embarrassé, on ne sait à pas quel saint se vouer… On emploie aussi cette expression lorsque l’on est désemparé et surchargé de travail.

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Statue de Saint Joseph dans la cour de l'école Saint Joseph à Roncq en 1987

Mettre à l’index

Rien à voir avec «montrer du doigt». L’index fait référence ici à «l’Index librorum prohibitorum» un catalogue de livres dont le Saint-Siège interdisait la lecture dans le décret du concile de Trente en 1563. L’expression fut ensuite reprise par les ouvriers qui mettaient à l’index les patrons n’appliquant pas les conventions salariales. Aujourd’hui, le sens de cette expression fait référence à la condamnation d’un ouvrage, d’un film ou le fait d’exclure une personne. 

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Chapelle du Forgeassoud à Saint-Jean de Sixt - Haute Savoie.

Un sujet tabou

Le mot «tabou» vient du polynésien tapu qui signifie «interdit, sacré». Le mot fut souvent appliqué aux interdictions à caractère religieux puis, depuis, s’est étendu au XXe siècle à un sujet sur lequel on fait silence, dont on ne doit pas parler par pudeur ou par crainte.

 Se faire l’avocat du diable

Jouer à l’avocat du diable signifie défendre par jeu un point de vue contraire afin de faire ressortir tous les aspects d’une cause. Cette expression vient du droit canon. L’avocat du diable est un procureur religieux au Vatican qui a pour rôle de contester les mérites d’un saint auprès du tribunal du Saint-Siège dans le processus de canonisation. Ce procureur représente symboliquement le «diable», c’est-à-dire l’adversaire du futur saint. De nos jours, cela signifie : plaider pour une cause indéfendable ou perdue d’avance.

 

S'entendre comme larrons en foire.

Un larron est celui qui commet un larcin, qui dérobe furtivement. Cette expression désigne deux compères qui s'entendent à merveille pour préparer un mauvais coup. Elle fait référence aux deux larrons, les deux voleurs crucifiés en même temps que le Christ.

 On lui donnerait le bon Dieu sans confession.

Cette expression fait référence à la religion catholique où chaque personne vient se confesser pour se libérer de ses péchés. Si une personne n'a pas besoin de passer par le confessionnal, c'est qu'elle nous inspire confiance. De nos jours, cela signifie qu'une personne est honnête et que l'on peut lui faire confiance.

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Confessionnal de l’église Saint-Piat.

Treize à table.

On dit qu'il ne faut pas être treize à table car cela porte malheur. Cette expression vient d'un passage de la bible relatant la Cène, le dernier repas où Jésus et les douze apôtres étaient treize à table. Cette table n'avait en fait rien de particulier sauf le jour où Judas a trahi Jésus en sortant de table. Jésus s'est fait ensuite arrêter puis crucifier. Depuis, la superstition est restée et il ne faut pas être treize à table car on dit que le plus jeune peut mourir car Jésus était le plus jeune.

 

Etre attendu comme le Messie.

L'origine de cette expression fait référence à l'impatience du peuple d'Israël espérant la venue d'un Messie (de l'hébreu Massiah), un envoyé de Dieu, qui les arracherait à leur destin et rétablirait le règne de Dieu sur Terre. De nos jours cette expression signifie "être attendu avec une grande impatience".

 Jeter la pierre à quelqu'un.

Cette expression renvoie à un épisode de l'évangile (Jean 8, 1-11) où l'on présente à Jésus une femme qui a commis un péché d'adultère. Selon la loi de Moïse, elle est condamnée à la lapidation. Ceux qui vont accomplir la sentence demandent son avis à Jésus dans le but de le mettre en difficulté ; soit il applique la loi, soit il respecte son enseignement du pardon. Jésus leur répond "Que  celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre". Et comme aucune des personnes présentes ne peut prétendre être totalement pure, elles renoncent toutes  à la lapidation, permettant ainsi à la femme de rester en vie et d'être pardonnée par Jésus. Aujourd'hui jeter la première pierre signifie : être le premier à accuser une personne.

Ce n'est pas la fin du monde.

 Expression qui signifie que tout n'est pas fini, que tout ne s'arrête pas ou ne disparaît pas, en référence à l'Apocalypse, le dernier livre du  Nouveau testament selon Saint Jean.

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Coucher de soleil du bout du monde dans le Finistère.

Faire le mariole

 

Mariole était jadis un diminutif de Marion, lui-même diminutif de Marie et donc de la Vierge Marie. Au XIIIème siècle, il devient un terme de mépris désignant la sainte Vierge. Puis de  l'italien "mariolo", qui désignait un filou, est né le mot mariole de notre expression qui désigne, de nos jours, une personne qui fait le joli-cœur, l'intéressant.

 

 A Pâques ou à la  Trinité

 

L'origine de cette expression remonte également au XIIIème siècle dans les ordonnances édictées par le roi de France comme échéance de ses dettes. Celles qui restaient impayées à Pâques, fête de la résurrection du Christ, et à la Trinité, célébrée neuf semaines après Pâques, furent rapidement considérées comme perdues. De nos jours cette expression signifie la même chose : que l'on peut toujours attendre longtemps pour le règlement d'une dette...

 

Gagner son pain

 

C'est à dire effectuer un travail dans le but d'avoir le nécessaire et d'avoir au moins de quoi manger. Cette expression provient d'une parole de Dieu s'adressant à Adam et Eve chassés du paradis terrestre : "Tu auras beaucoup de peine à tirer du sol ta nourriture pendant toute une vie... Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front"

  

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 Abbaye de Vaucelles

 

À la grâce de Dieu

 Là où certains disent inch’Allah, d’autres s’en remettent «à la grâce de Dieu». On peut ainsi se reposer sur la confiance que l’on met en Dieu, mais on peut aussi en appeler à sa grâce. Quand tout échappe aux hommes, seul Dieu peut encore faire quelque chose pour sauver la situation. C’est pour cela que, de nos jours, cette expression a pour synonyme «à Dieu vat».

 Avoir droit au chapitre

 À l’origine, cette expression remonte au Moyen Âge, époque où l’ensemble des religieux, vivant en communauté ou en abbaye, forme un conseil appelé «chapitre». Avant de prendre une décision, chacun d’eux était consulté et pouvait exprimer son point de vue. Ainsi, ils avaient tous «voix au chapitre». De nos jours, cette expression signifie «être consulté» ou «avoir de l’influence» et, par conséquent, «ne pas avoir droit au chapitre» signifie que vous ne pouvez pas donner votre avis sur une décision déjà prise par ailleurs…

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Abbaye de Fontfroide, près de Narbonne dans l'Aude

Une année sabbatique

 Le sabbat est ce jour de repos accordé aux hommes et consacré à Dieu en souvenir de la Création. De nos jours, le dimanche, jour du repos dominical, est appelé «jour du Seigneur». Tous les sept ans, un repos était également accordé à la terre qu’on laissait une année en jachère. Cette expression a été reprise pour désigner, de nos jours, ce temps que certains employeurs accordent à leurs employés.

Semer la zizanie

Se dit de quelqu’un qui vient mettre la pagaille dans la vie d’un groupe en apportant la discorde. La zizanie désigne l’ivraie, c’est-à-dire la mauvaise herbe. Cette expression tire son origine d’un texte de l’Évangile où Jésus parlait du royaume de Dieu en ces termes : «Un homme avait semé de la bonne semence dans son champ. Une nuit, pendant que tout le monde dormait, un ennemi de cet homme sema parmi le blé de la zizanie, puis s’en alla.»

 

Partir comme des petits pains

 

C’est-à-dire très vite. L’expression fait allusion à l’épisode de la vie de Jésus où, lors d’un sermon au bord du lac de Galilée, il accomplit le miracle de la multiplication des pains. Une foule de cinq mille personnes était venue pour l’entendre et il n’y avait rien à manger. Une collecte de vivres lui procura cinq pains et deux poissons. Selon les évangiles, le miracle eut lieu et Jésus réussit à nourrir toute cette foule affamée.

 

Devoir une fière chandelle à quelqu’un

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Cierges en l’église Saint-Piat.

 C’est une expression qui ne provient pas de la Bible ou des évangiles, mais de la tradition chrétienne. Elle est employée pour désigner quelqu’un qui nous a aidés à éviter un désastre ou un péril. L’expression signifie qu’on lui doit une faveur qui, habituellement, consiste à faire brûler un cierge à l’église à son intention pour le remercier de ce qu’il a fait pour nous. L’usage de faire brûler un cierge pour demander une grâce à un saint ou à Dieu était pratique courante et si le vœu était exaucé, on répétait la coutume. 

Pauvre comme Job

 Le livre de Job, l'un des plus vieux écrits de l'Ancien Testament raconte l'histoire du richissime Job qui subit les pires épreuves qu'un homme puisse endurer sur cette terre : perte de sa famille, de ses biens, maladie incurable, solitude. Dieu récompensera sa fidélité à toute épreuve en lui redonnant tout ce qu'il avait perdu : biens, famille, santé et salut. L'expression « Pauvre comme Job » est devenue aujourd'hui le symbole de la déchéance humaine.

  Une brebis égarée

 Dans l'évangile selon Saint Matthieu, Jésus enseigne que chaque humain est à ses yeux une brebis qui vaut la peine qu'on la sauve.Jésus est le Bon Berger. Par extension une brebis égarée est une personne qui vit dans le malheur, malgré sa naïveté ou son innocence. 

Les Biquettes IMG_9994 - Image compressée.JPG

  Les vaches maigres

Dans le texte de la Genèse, on lit que Pharaon vient de faire un rêve prophétique que nul ne sait interpréter. Seul Joseph y parvient grâce à la sagesse que Dieu lui a donnée. Les vaches maigres vues dans le rêve symbolisent des années de sécheresse. Pharaon fera de Joseph son premier ministre pour préparer ces années de disette. Cette expression symbolise les périodes d'indigence et de pauvreté qu'il arrive parfois de traverser dans l'existence.

 Le jugement de Salomon.

 Le roi Salomon sut discerner la vérité au cours d'un litige entre deux femmes qui se disputaient la maternité d'un nouveau-né vivant et d'un nouveau-né mort dans son sommeil.

 Pour régler le désaccord, Salomon réclama une épée et ordonna : « Partagez l'enfant vivant en deux et donnez une moitié à la première et l'autre moitié à la seconde ». L'une des femmes déclara qu'elle préférait renoncer à l'enfant plutôt que de le voir sacrifié. En elle, Salomon reconnut la vraie mère, et il lui fit remettre le nourrisson.

 De nos jours cette expression a valeur d'exemple en matière de justice et de sagesse. 

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St Piat - Eglise St Piat

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En Odeur de sainteté.

 Voici une expression qui ne provient par de la Bible ou des Evangiles mais plutôt de la tradition chrétienne.

 L'odeur de sainteté correspond paraît-il aux effluves suaves qui s'exhaleraient du corps de certains saints après leur mort. Vivre en odeur de sainteté signifie également vivre en état de perfection spirituelle. Mais de nos jours, l'expression n'est guère employée que dans le sens contraire: ne pas être en odeur de sainteté auprès de quelqu'un signifie être mal perçu ou en être mal vu.

Etre changé en statue de sel.

 L'origine de cette expression remonte à la destruction de Sodome et Gomorrhe, villes dont les habitants ont la réputation d'être débauchés. Malgré les conseils de Dieu, la femme de Loth, fuyant la ville, se retourne. Elle est alors changée en statue de sel. Cette expression est devenue le symbole de quelqu'un qui se laisse paralyser par son passé et devient incapable d'agir.

Vivre un calvaire.

Cette expression fait référence au lieu où le Christ fut crucifié et mourut après de longues souffrances sur une colline voisine de Jérusalem, nommée Golgotha ou Calvaire. Le terme « Golgotha » a été traduit en latin « Calvaria » (« tête chauve, crâne) qui a donné en français moderne « Calvaire ». De nos jours  l’expression « vivre un calvaire » signifie subir une lourde épreuve physique ou morale.

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Le calvaire des marins - Bray-Dunes

A chaque jour suffit sa peine.

Dans l'évangile selon Saint Matthieu, il est écrit : Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain ; car le lendemain aura soin de ce qui le regarde : À chaque jour suffit sa peine.

La vie serait en effet intolérable si, en supportant les peines journalières, on y joignait l’appréhension des peines du lendemain...

On peut donner à cette expression encore un autre sens : Il ne faut entreprendre chaque jour qu’un travail proportionné à ses forces et selon le temps que l’on peut y consacrer.

Baisser les bras.

On a oublié que cette expression courante, pour signifier un renoncement après l'effort, provient en fait d'e l'épisode de l'attaque des Enfants d'Israël par Amalek, qui a le dessus quand Moïse baisse les bras, mais qui est vaincu quand Aaron et Hur relèvent les bras de Moïse. (Exode)

De nos jours cette expression signifie que l'on abandonne un projet ou une action par manque de courage, de force ou de volonté.

 

Vieux comme Mathusalem.

Mathusalem est un personnage des premiers chapitres de la Genèse et, nous dit la Bible, mourut à 969 ans.

Utiliser cette expression aujourd'hui pour quelqu'un, c'est signifier que la personne est très âgée. Et l'on peut penser que cette expression a de beaux jours devant elle puisqu'on vit de plus en plus vieux !

Un Tohu-bohu.

Ce mot vient de la Genèse, le monde avant sa création par Dieu n'était que solitude et chaos : "tohu-wa-bohu" en hébreu.

De nos jours cette expression signifie une situation confuse et agitée dont les synonymes sont nombreux : brouhaha, chahut, charivari, tumulte, vacarme etc...

Ramdam, synonyme également de tohu-bohu, est en fait l'altération du nom du mois du "Ramadan", mot ramené par les soldats dans l'argot des poilus lors de la Grande Guerre. La fin du jeûne musulman, à la tombée de la nuit, est l'occasion d'agapes dont la nuisance nocturne a donné le sens de vacarme...

 

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Le sable et les dunes....

La Traversée du désert.

Cette expression fait référence à la période de l'Exode où le peuple juif a fuit l'Egypte avec Moïse, mais également à une période de la vie de Jésus qui est commémorée par le carême.

De nos jours, cette expression signifie un moment difficile dans la vie d'une personne éloignée de la vie publique, comme par exemple le Général de Gaulle entre 1953 et 1958...

Porter au pinacle.

Dans l'évangile selon St Mathieu, Jésus est transporté au point le plus haut du temple de Jérusalem : le pinacle. Il fut tenté par le démon qui l'invite à se jeter dans le vide afin de prouver que Dieu viendra à son secours. Jésus le chassera par sa grande connaissance des écritures en lui disant "Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu". Aujourd'hui l'expression "être au pinacle" signifie être au faîte d’une carrière. Quant à l’expression "porter au pinacle", elle veut dire que l’on fait l’éloge appuyé de quelqu’un. 

 

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La Bannière du Saint Sacrement - Eglise St Piat 

La Croix et la Bannière.

Cette expression d'origine italienne date du XVe siècle. Lors de processions religieuses, la croix, représentant le Christ, était placée en tête de toutes les processions. Venaient ensuite les étendards ou les bannières, que ce soit celle de la Vierge, de la paroisse, d'une confrérie ou d'un notable. Mais l'organisation de ces processions n'était pas facile. Les règles à suivre, le respect de l'importance des participants, qu'elle soit honorifique ou hiérarchique, transformait parfois leur préparation en de véritables casse-têtes. De nos jours cette expression est utilisée lorsque l'on doit organiser quelque chose de compliqué.

Rendre à César ce qui est à César.

Dans l'évangile selon St Matthieu, Jésus est mis à l'épreuve au sujet des richesses de ce monde : doit-on payer le tribut de l'empereur ou peut-on se révolter ? Le Christ répondra que les affaires spirituelles n'ont rien à voir avec les affaires temporelles des hommes. Il faut avoir la sagesse de faire la part des choses. Telle est la morale contenue dans cette expression.

Séparer le bon grain de l'ivraie.

Dans l'évangile selon St Mathieu, Jésus a souvent utilisé des images liées à l'agriculture pour faire comprendre son message spirituel. L'ivraie est une graminée sauvage et nuisible qui au début de sa pousse ressemble à celle du blé au milieu duquel elle peut croître.

Dans cette phrase, le maître dit à ses serviteurs de ne surtout pas chercher à enlever l'ivraie tant que la moisson n'est pas prête sinon ils risqueraient d'arracher également le bon grain.  Il leur demande donc d'attendre le bon moment.

On comprend alors que Jésus ait pu désigner l'ivraie comme le symbole des méchants. Les vrais serviteurs de Dieu seront souvent comparés au bon grain. Cette expression signifie donc trier les bons éléments afin d'en éliminer les mauvais. 

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 La Moisson

Vieux comme Hérode.

Il s'agit du roi Hérode qui a craint la naissance du Messie au point de faire tuer tous les enfants nouveaux nés de son royaume. C'est donc un roi qui a vécu voici plus de 2000 ans! L'expression se comprend d'elle-même, elles s'applique à toute chose dont on a oublié l'origine.

Nul n'est prophète en son pays.

Dans les évangiles, Jésus se plaint de l'incompréhension de ses proches. Lors de son retour à Nazareth, le lieu où il avait grandi, Jésus fut l'objet de sarcasmes et moqueries de la part des habitants, de ceux qui l'avaient connu comme le simple fils d'un charpentier et qui ne pouvaient l'imaginer en Messie fils de Dieu.

Cette expression indique que les qualités et le génie d'un homme ou d'une femme sont difficilement reconnus par ses proches qui ne peuvent voir en eux que ce qu'ils ont toujours vu : une personne identique aux autres ! 

David contre Goliath.

Qui n'a pas utilisé cette expression pour relater un combat entre un très fort et un très faible ? C'est au cours de la conquête de Canaan que le peuple hébreu affrontera  l'armée des Philistins qui comptait dans ses rangs Goliath, un géant. David, le jeune berger se portera volontaire pour l'affronter. Il n'était armé que d'une fronde et il parviendra à tuer ce colosse en combat singulier. De nos jours cette expression est utilisée pour qualifier un combat entre adversaires de forces inégales.

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David contre Goliath...

Un colosse aux pieds d'argile.

La Bible raconte que le prophète Daniel devina un rêve qu'avait fait Nabuchodonosor, le roi de Babylone. Daniel lui conta son rêve : le roi avait vu une immense statue à la tête d'or, au torse et aux bras d'argent, aux cuisses de bronze et aux jambes de fer. Quant à ses pieds, ils étaient faits d'argile et de fer. Une pierre se serait alors détachée d'elle-même, frappant la statue aux pieds, et entraîna le bris de la statue toute entière. Le prophète confia alors au roi de Babylone qu'il pensait que les parties de la statue et la matière dans laquelle elles étaient faites représentaient son empire, ainsi que les trois empires qui lui succéderont : les empires Perse, Grec et Romain. On emploie aujourd'hui cette expression pour figurer qu'une puissance ou une personne d'apparence forte peut finalement s'avérer très fragile dans la réalité ...

Des Agapes.

Du grec "agapé". Ce terme marque la fraternité que les premiers chrétiens partageaient autour d'un repas en commun. Aujourd'hui ce terme est plus particulièrement utilisé lors des grands repas familiaux ou associatifs.

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Agapes à la Cense Manoir

Il ne faut pas en profiter pour "Adorer le veau d'or"... Le peuple hébreu s'était construit une idole à adorer en forme de veau pendant que Moïse était sur le mont Sinaï à l'écoute de Dieu qui lui remettra les Dix Commandements. De nos jours cette expression signifie "vénérer l'argent".

 Les grandes vacances qui approchent seront l'occasion de faire un peu de rangement chez soi où il règne quelquefois un vrai capharnaüm.... A l'origine, Capharnaüm est la ville où Jésus commença son ministère. La grande activité commerciale de cette ville lui a valu de devenir un symbole de désordre.

Alors n'hésitez plus et, à l'occasion d'un prochain vide-grenier, faites le tri dans ce capharnaüm....

 Et ne faites pas comme un ouvrier de la onzième heure. La onzième heure fait référence à une méthode antique de calcul des heures qui  débutait avec le lever du soleil et qui divisait la journée en douze parties. La parabole de Jésus reprise dans l'évangile selon St  Matthieu, fait intervenir un propriétaire terrien qui rémunère de manière uniforme ses différents employés peu importe l'heure où ils ont débuté leur labeur. Cette parabole signifie que la générosité de Dieu dépasse notre justice humaine. En effet on associe le propriétaire de la vigne au Seigneur, c'est-à-dire Dieu. Les rapports de Dieu avec l'homme ne sont pas les mêmes rapports qu'a un patron avec ses ouvriers. 

C'est au moment de la période de Pâques que Judas l'Iscariote, disciple de Jésus, le livra contre 30 Deniers. Il embrassera son maître pour indiquer aux soldats qui ils doivent arrêter. Ce baiser de Judas est l'archétype de la trahison la plus infâme : feindre l'amitié pour mieux trahir ! Et avec le temps, l'expression "Judas" est restée pour signifier une trahison...

 Un bouc émissaire, est celui que l'on rend responsable de tous les malheurs, sur qui la collectivité se décharge de ses fautes en allusion à la tradition hébraïque. Cette tradition se matérialisait, le jour de la fête des Expiations, par la chasse dans le désert d'un bouc chargé des péchés d'Israël. Ce bouc émissaire est la préfiguration du rôle que Jésus-Christ remplira sur la Croix. 

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 Eglise St Piat

Porter sa croix.

Dans l'évangile selon St Mathieu, Jésus invite ses disciples à supporter les épreuves qu'ils auront en son nom. Lui-même portera sa propre croix le jour de son exécution. Par extension, cette expression signifie endurer une épreuve qu'on ne peut partager avec autrui.

Pleurer comme une madeleine.

Cette expression trouve son origine dans l'histoire de Marie de Magdala (Marie-Madeleine) qui est une des femmes qui ont suivi Jésus tout au long de son ministère. Elle assiste à sa crucifixion et elle la première à trouver le tombeau vide. Dans l'évangile selon St Jean, Marie-Madeleine est la femme pécheresse qui pleure sur les pieds de Jésus. La tradition populaire en fera le symbole de la femme qui se repent à chaudes larmes.

En ces temps hivernaux, avec neige et pluie, l'on fait souvent référence à l'expression "Après moi le déluge". Cette parole est attribuée à Madame de Pompadour. Elle sert à marquer un désintérêt complet de ce qui peut arriver après soi. Le déluge est raconté dans la  "Genèse" : Dieu veut détruire sa création mais trouve un homme digne de continuer à vivre, Noé. Et sur ce même thème "Dater d'avant le déluge, signifie : être très ancien, Remonter au déluge, très loin dans le passé.... 

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 La campagne roncquoise sous la neige

Cette époque de catastrophe naturelle que l'on peut revivre parfois dans le monde peut être assimilée à "l'Apocalypse". Dans le livre du même nom, ce terme évoque une série de catastrophes inéluctables qui s'abat en guise de châtiment. A l'origine, le terme grec signifiait "révélation".

 En cette période de carême où l'on est invité à jeuner et à aider son prochain, l'expression "Un bon samaritain" remonte au temps de Jésus dans l'évangile de St Luc. Jésus raconte l'histoire d'un samaritain qui porte secours à un juif blessé. Or, à cette  époque, les juifs méprisaient les samaritains. Cette parabole symbolise ce qu'est le vrai amour du prochain.

 Il ne faut pas se plaindre de tout et de rien. Le prophète Jérémie a annoncé dans de nombreux oracles la ruine du peuple hébreu et de Jérusalem à cause de leurs péchés. Un des ses écrits s'appelle "les lamentations de Jérémie" par extension, des "jérémiades" sont des plaintes ininterrompues et ennuyeuses... 

 

Pascal DENEUVILLE

 

Écrit par Cored Lien permanent | Commentaires (0)

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